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Quand
je me mets au bandoneon, je suis seul ou je suis avec
tout le monde ce qui revient au même' "Anibal troilo"
Anibal Troilo est né le 11 juillet 1914 à Buenos
Aires dans le quartier de Almagro. Surnommé " el pichuco"
par son père, inspiré par un de ses amis, Troilo était
aussi surnommé ' el gordo " le gros. Il était surtout,
au-delà de l'anecdote, appelé " l'âme du bandoneon".
"Pichuco" est un musicien précoce qui commence sa carrière
de bandoneoniste à l'âge de onze ans-ce qui lui permet
de travailler avec les plus grands créateurs de "la guardia
viaja", entre autres Juan
Maglio"Pacho"en 1929, avant de rejoindre
ceux de Julio
de Caro et de Juan
Carlos Cobian En 1930, il intègre un sextuor
historique avec entre autresOsvaldo
Pugliese au piano, Elvino Vardaro et Alfredo
Gobbi aux violons. Il n'y a hélas aucun enregistrement
de cette aventure.
.
En 1937, il dirige son premier orchestre dans lequel on
trouve le pianiste Orlando Goni et le chanteur Francisco
Fiorentino qui l'accompagneront dans la plus grande partie
de sa carrière. il est avec Osvaldo Pugliese le maître
incontesté des années quarante.
Malgré l'influence assez déterminante de Julio de Caro
pour l'exigence de qualité de la composition, son style
doit beaucoup, dit-il, à Ciriaco Ortiz Sa musique
offre plusieurs plans parfois contradictoires: d'un côté,
un rythme rapide adapté à la danse, de l'autre, son jeu
plus introverti au bandonéon.
Chef
d'orchestre et compositeur prolifique, il sut, d'abord,
s'entourer,des plus grands chanteurs en réalisant une
difficile synthèse entre le texte chanté la musique et
la danse. On peut citer Fiorentino dont la voix
suave est associée à " Pa que bailen los muchachos, Alberto
Marino chantant "Maria de sa voix de ténor, Edmundo
Rivero à la voix rocailleuse avec " Sur", Floréal
Ruiz, spécialisé dans l'interprétation dramatique
tel " Confession" et la puissante voix de Roberto Goyeneche
sur " el motivo" à la fin de sa vie
Dans
les années 30 on ne chante qu'un couplet du texte pour
laisser la prééminence aux rythmes dansants.Troilo, lui,
fait chanter l'entièreté du texte. Loin d'être réservé
au chant, la ligne mélodique est supportée par tout l'orchestre.
Il a ainsi popularisé les grands poètesdans les années
quarante tels: Catulo Castillo avec " Maria", el ultimo
farol, la ultima curda; Enrique Cadicamo avec " los mareados,
pa que bailen los muchachos" , Homero Exposito avec "
te llaman malevoet enfin Homero Manzi avec "barrio de
tango,che bandoneon, discepolin, romance de barrio et
sur" et Enrique Santos Discepolo avec " confession, cafetin
de Buenos Aires.
Puis, il sut s'entourer pour paufiner sa complexité musicale
des meilleurs arrangeurs tels: Argentino Galvan,Hector
Stamponi,Emilio Balcarce, Raul Garello et, surtout,
Astor
Piazzolla.
Quand
il mourut, un grand nuage de tristesse s'abattit sur Buenos
Aires. Il disait qu'il mourrait en jouant " Quejas de
bandoneon", ce fut presque vrai, le 18 mai 1975,
le bandoneon lui tomba des mains.
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