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Osvaldo
Pedro Pugliese est né le 02 décembre 1905 à la
Villa Crespo à Buenos Aires.
Dès l'âge de 9 ans, il jouait d'oreille sur le violon
que lui avait offert son père, flûtiste amateur. Il s'aperçut
rapidement qu'il préférait le piano. Il eut comme professeurs
Vincente Scaramuzza et Pedro Rubionne. Dès, l'âge de 15
ans il joue dans un café de quartier, " La cueva del Chancho
" qu'il abandonnera assez rapidement pour accompagner
au piano les aventures de Max Linder et Charlie Chaplin
sur les écrans muets du cinéma d'alors.
Puis, il travaille avec divers musiciens dont la bandoneoniste,
Paquita Bernado, Enrique Pollet et Pedro Maffia
de 1926 à 1929. Il s'associe avec le violoniste Elvino
Vardaro pour créer un premier sextet qui intègrera
progressivement, Alfredo Gobbi et
Anibal TroiloIl quitte cet ensemble pour
rejoindre l'orchestre de Alfredo Gobbi puis , ceux de
Roberto
Firpo et Miguel
Calo.
C'est en 1939, qu'il crée, définitivement, son orchestre
qui dès le début fonctionne en coopérative, c'est-à-dire,
par le partage des revenus. Dès, lors on peut, sans crainte,
affirmer qu'il y a un avant et un après de l'orchestration-tango
; comme on peut dire de même pour l'écriture musicale
avec la création en 1925 de son premier tango, " Recuerdo
", morceau repris sans discontinuer jusqu'à aujourd'hui.
Mais le signe de son absolue modernité c'est qu'il est
remarqué dès la première heure par Pedro
Laurenz lors d'un concert de Pugliese à
l'ABC qui court le porter à Julio de Caro qui l'enregistre
avec Laurenz comme premier bandoneon. Cet enregistrement
à valeur d'histoire car Pugliese au regard, entre autre,
de son engagement politique dans les instances dirigeantes
du parti communiste argentin se verra interdire les studios
jusqu'en 1943, date du premier enregistrement connu de
" Recuerdo " par lui-même. Il n'est pas douteux que l'enregistrement
de de Caro ait été fidèle au créateur. Laissons lui la
parole: " Recuerdo a ouvert une nouvelle voie pour
le tango. Parce qu'il offrait un déroulement imprévu de
la ligne mélodique, une conception moderne des structures
harmoniques, de la couleur des sons, des changements de
ton, des arpèges, de la variation ".
Cette
esthétique nouvelle s'inscrit dans celle des rénovateurs
du tango que sont, alors, Juan
Carlos Cobian, Agustin Bardi, Enrique
Delfino, Julio
de caro. Pugliese déclarera : " Je viens
de l'école de Julio et Francisco de Caro, de celle de
Perdro Maffia et Pedro Laurenz. A leurs côtés, j'ai fait
mien un style fondé sur l'adaptation et l'incorporation
de formes musicales répondant au tango. Mon style est
l'héritage culturel de ces créateurs . Ma façon de jouer
ressemble beaucoup à celle de Francisco de Caro, créateur
exquis d'une richesse musicale inégalée. J'insiste pour
dire que mon répertoire est le fruit de cette racine originelle.
Je me suis appuyé sur ce répertoire dès mes débuts, vers
1939. On ne peut omettre le mouvement à la tête duquel
se trouvait Julio de Caro et qui a donné au tango des
arrangements et une musicalité bien définis ".
Son talent de novateur se confirme en 1946 avec la création
de " La yumba ", onomatopée signifiant pour lui que le
tango se joue comme ça : " yum…ba, yum…ba " ; sorte de
halètement profond qui, porté par les bandonéons, soulève
l'ensemble de l'orchestre dans un mouvement de grande
ampleur telle une gigantesque inspiration contenue et
relâchée avec force.
Son influence est certaine sur les débuts de Piazzolla
et d'Horacio Salgan. Il compose " Adios Bardi "
en hommage à Augustin Bardi, La beba, El encopao,
Maladranca, Negracha, Corazoneando. S'il est évident qu'il
en est le coeur, il n'a pas son pareil pour trouver la
fine fleur des musiciens Plusieurs d'entre eux l'accompagneront
pendant une trentaine d'années tel Osvaldo Ruggiero, le
premier bandoneon. le violoniste Oscar Herrero ,nommons
les bandoneonistes, Enrique Alessio, Antonio Roscini,
Luis Bonnat, Jorge Caldara, Oscar Castagniaro, les violonistes,
Julio Carrasco, Enrique Camerano, premier violon et Jaime
Tursky, le contrebassiste, Anicet Rossi. Nous avons nommé
tous ces musiciens de la période 39-68 car Pugliese
encourageait et aidait ses musiciens à créer et à fonder
leur propre orchestre s'il le souhaitaient.Quand l'orchestre
subira de profonds changements dans les années 70, y entreront
des musiciens comme Juan Jose Mosalini, Daniel
Binelli et Roberto Alvarez, le fondateur de
l'orchestre " Color tango.
Il
faut, aussi, faire la place aux chanteurs qui seront de
cette aventure, à commencer par Roberto Channel
à la voix chaude du Compadrito, il faut écouter son interprétation
de " Farol " puis, Alberto Moran à la voix larmoyante
qui pleure et vous fait pleurer en chantant " Pasional
", Enrique Maciel à la voix lyrique sur " El panuelito
", Miguel Montero à la voix puissante sur " acquaforte
" comme celle de Jorge Vidal sur la milonga endiablée
" Un baile a beneficio ", la voix gouailleuse de Alfredo
Belusi puis, l'achèvement de cette tradition de puissance
avec Abel Cordoba qu'il faut écouter chanter "
Contame una historia " sur le plus fabuleux album de tango
du vingtième siècle qu'est, en 1989, l'enregistrement
live au Royal théâtre Carré d'Amsterdam sur lequel Pugliese
joue avec Astor Piazzolla une version de la Yumba qui
par magie se transforme en " Adios Nonino ".
Pendant des années, ses admirateurs scanderont à la fin
de ses concerts : " Au Colon, au Colon ", exprimant ainsi
que la qualité de l'orchestre méritait l'estrade du plus
prestigieux théâtre lyrique d'Argentine. Ce vœux se réalisera
en 1985 à l'orée de ses 80 ans, concrétisant une exceptionnelle
carrière. Il s'éteint le 25 juillet 1995.
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